Mon chemin
C'est l'histoire d'un chemin que je ne comptais surtout pas prendre en vérité.
Je n'aurais jamais assumé en public, il y a quelques années encore, un intérêt quelconque pour les pratiques énergétiques ou les méthodes de soins dites non conventionnelles. Personne ne savait, à part un cercle très restreint et choisi sur le volet. Préserver mon image sociale, ma tranquillité, ma discrétion valaient bien quelques entorses à la vérité et quelques dénis. Ne pas faire le mal déjà, et se permettre de temps à autre un soutien discret ou une bonne action, dans l'ombre, semblait suffisant à mon sens moral. Aucun besoin de révéler cette part de soi que le poète américain Charles Bukowski appelait son "Oiseau Bleu", cette sensibilité si personnelle qu'il préférait cacher au monde. Sa profonde gentillesse en fait, tout simplement. Par peur d'être singularisé peut-être, par crainte de la méchanceté trop souvent gratuite des gens envers ce qui est différent d'eux.
Alors j'ai fui tout ça, ne sachant pas qu'on est toujours rattrapé par celui qu'on doit devenir.
Pourtant il y a eu des signes
Dans ma famille, il y avait des histoires de "dons", on me parlait d'un arrière grand-père guérisseur, d' une grand-mère aux rêves qu'on disait prémonitoires... Très jeune, moi aussi, je connus des expériences assez troublantes. C'est dans ce contexte que je commençais à tenter de comprendre. Avec un oncle je m'entraînais à magnétiser de l'eau, des agrumes, à tenter diverses expériences de télépathie. Puis à l'adolescence j'apprenais le pendule et à tirer les cartes. Mais je ne parlais pas de ça à mes amis, ce n'était pas raisonnable, et je craignais d'être rejeté, à cet âge où on se compare beaucoup aux autres.
Puis le temps a passé. Le travail, les responsabilités, la vie de couple et la vie quotidienne ont pris toute la place. Il s'agissait alors d'être quelqu'un plutôt qu'être moi-même, réussir un minimum, jouer un peu des coudes, comme tout un chacun, en honnête homme certes, sans démesure ni coups bas, mais tout de même assez pour se faire une place dans ce monde. J'ai alors rangé tout cet univers de jeunesse dans un recoin de ma mémoire, en tout cas j'ai essayé.
Car à partir de 2017 une série d'épreuves est venue chambouler toute cette belle construction. Une rencontre marquante, une séparation, la longue maladie d'un proche et son décès prématuré. Comme l'avait été sa naissance.
Je me suis retrouvé au fond du trou comme on dit. C'est là, comme "par hasard" que j'ai rencontré le Reiki, et je peux témoigner que deux séances avec un Maître m'ont suffisamment apaisé et recentré pour amorcer un nouveau démarrage dans ma vie.
Je ne savais pas encore très bien ce que je voulais mais j'allais mieux et surtout quelque chose s'était ouvert en moi et je commençais à le réaliser. Ayant perdu ce qui comptait le plus je n'avais plus peur de perdre quoi que ce soit, je n'avais plus peur de grand chose à vrai dire, pas même du regard des autres.
Ce nouveau "hasard" qui fit si bien les choses qu'il mit sur ma route des personnes qui traversaient une période de fragilité. Mes ressentis revenaient et cette fois je décidais que je ne fuirais pas. Je traversais alors une période d'ascèse et de profonde volonté de simplicité et de retour à soi, ce qui semblait les amplifier. Je me rappelais quelques techniques rudimentaires apprises dans ma jeunesse et je prenais sur moi de les aider, avec un certain résultat. Je me sentis bien, utile et à ma place.
Ce constat ainsi que les regrets et même la culpabilité de ne pas m'être engagé plus tôt m'ont poussé vers le Reiki. D'abord comme une discipline pour me recentrer, retrouver une hygiène de vie et apaiser mes émotions. Puis comme un véritable cadre pour accueillir mes ressentis, leur donner sens, et en faire quelque chose de juste et d'utile. J'y ai retrouvé par le travail mes intuitions d'autrefois, mais ancrées, canalisées, intégrées dans une pratique solide. J'ai diversifié mes pratiques avec d'autres approches comme le LaHoChi et le Triangle d'Or, ainsi que des passes de magnétisme. J'ai travaillé, beaucoup, avec application et je continue encore. J'ai compris que ce que je tentais de fuir nécessitait un engagement profond et était en réalité une part essentielle de moi-même, vitale.
Aujourd'hui si je choisis si je choisis de mettre cela au service des autres c'est en étant conscient qu'il aura fallu tout ce chemin pour ça, avec des résistances, des épreuves et des prises de conscience.